mercredi 16 novembre 2016

BARR'OBJECTIF 2018

du 15 au 23 septembre

Au fil de l'eau "Navy Métal" de Moland FENGKOV 
Photos Jean-Pierre

Retour aux fondamentaux !

Fortes turbulences pour l’élaboration de cette édition du rendez-vous incontournable de la photographie en Charente ! Heureusement l'équipe remaniée a su honorer cette nouvelle  rencontre avec le brio qu'on lui connait. Pas si simple d'effectuer une sélection susceptible de répondre aux exigences qualitatives des organisateurs et aux attentes d'un public passionné et exigent ! C'est avec un choix délibéré de revenir au photo-journalisme pur et dur que cette édition s'est construite !
Pur incontestablement, dur peut être trop ? Faut il que ces témoins de misère aillent toujours plus loin dans la représentation de l'insoutenable pour se rendre "remarquables" ? La prise de risques toujours plus grande de l'opérateur et l'abomination du sujet mémorisé constituent- elles les composantes essentielles d'une bonne image ? Qu'elle est la vertu pédagogique potentielle du témoignage ainsi communiqué ? A en croire nombre de commentaires entendus au détour des cimaises, la réaction fréquente de rejet pose question ? Est-il utile de consacrer tant d'espace à ces témoignages plus soucieux de sensationnel que de communication efficace ? Diable, l'appartenance à une agence comme "Magnum" ne suffit elle plus ?
Impossible de passer sous silence l'hommage à Stanley Green, qui à lui seul justifie la venue à Barro. L'épouvante et la perfection !   
Heureusement plusieurs auteurs présent dans cette édition s'affranchissent de ces travers pour parvenir à nous émouvoir sur des sujets tout aussi terribles avec efficacité !
Thomas Morel-Fort par exemple, qui s’insinue avec bienveillance dans le quotidien d’esclaves à la solde d’immondes Libyens asservissant une communauté  de Philippins privés de leurs papiers dans l'or de palace Parisiens ou de la côte d'Azur !     
Sydey Léa Le Bour, qui à travers ses images somptueuses, surréalistes,  de l'enfer blanc des carrières d'Al-Minya en Egypte, nous fait partager la vie épouvantable de ces hommes, qui pour 5 € par jour, vont à la mort en travaillant pour des entreprises à la botte de l'armée !


superlatifs pour L'enfer blanc de Sydey Léa Le Bour


Laure Vouters témoigne d'une autre migration tout aussi insupportable, celle d'une  frange de la population française, toujours plus grande, qui glisse inexorablement vers la précarité, dans l'incapacité même de se soigner ! Les photographies de son attachant couple  Serge et Jacqueline, font bien plus qu'un long discours politique pour nous interpeller sur une cause inacceptable !
Moins grave, presque épicurienne, "La journée du cochon" de notre talentueux "local de l'étape" Christian Belloteau, nous ferait presque prendre le sacrifice de cette pauvre bestiole dans ce contexte général de massacre,  pour une bluette ! 
Les images de Christian sont toujours justes et ses acteurs dans un décors presque trop authentique frisent la scène biblique, à la limite de l'image pieuse ! De la présentation du pauvre sacrifié  sur l'autel de la gourmandise, aux pots de rillettes et boudins qui s'entassent dans l'improbable cuisine, le reportage reste profondément esthétique et chaque image s'impose par ses qualités graphiques ainsi que par une superbe colorimétrie ! Bravo à Christian de n'avoir pas succombé à la facilité du noir et blanc, qui  aujourd'hui va plus souvent à un inutile trompeur  qu'à l'essentiel  ! Voila qui ne suffit jamais à devenir un nouvel H.C.B. !
D'autres auteurs nous enthousiasment à travers cette balade photographique et champêtre,tels que Antoine Bergal et ses images d'architecture très inspirées, Simon Vansteenwinckel et son road-movie familial à la conquête des racines argentines de son épouse ! les abstractions graphiques, si pures d' Emilie Möri ! Et ce n'est pas limitatif !
Et tout au bout, comme un lot de consolation gourmand, infinie douceur dans ce monde de brutes, l'exceptionnel ! Presque la perfection ! Les "plumes" de Patrice Mariolan. Un enchantement total !

Vous l'aurez compris je suis sur la réserve quant à l'évolution des choix essentiels de cette édition. Il n'en demeure pas moins que cet événement photographique demeure une chance pour la Charente et que son soutien est essentiel ! Tous à Barro !
Par ailleurs, "L'émoi photographique" d'Angoulême vient avec grand talent combler les nombreux vides dédaignés par Barro, en offrant une vitrine privilégiée à la nouvelle photographie ! Enfin un salon des indépendants ?  Quel bonheur ! 

J.P.DELVALLE


Graphisme exacerbé de Emilie Mörie

Si attachants "Serge Jacqueline" de Laure Vouters 

"Une vie à servir" de Thomas Morel-Fort

La photographie animalière en chef d'oeuvre ! "Plumes" de Patrice Mariolan

Digne d'un Brueghel "La journée du cochon" de Christian Belloteau

Invité d'honneur Emin Özmen de Magnum Photos


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4 minutes sublimes signées François PEYRANE

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1 commentaire:

  1. Merci Jean Pierre pour cet excellent reportage et ses riches commentaires. Je n'ai pu regarder qu'une expo "la journée du cochon" , oui j'ai eu peur qu'elle soit en N&B (j'avais vu une photo N&B exposée à La Rochefoucault) la couleur était primordiale pour inscrire cette coutume d'un autre temps dans notre XXI ème siécle.

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